La mairesse de Chibougamau, Nichèle Compartino, a récemment publié une lettre ouverte percutante dans La Presse, qui s'intitule « Le Québec perd le Nord ». De passage sur nos ondes, elle dénonce l’effritement des services publics et le sentiment d’abandon qui pèse sur la région.
Pour la mairesse, les services gouvernementaux (SAAQ, sécurité civile, institution d’enseignement supérieur) ne sont pas des options, mais la colonne vertébrale des municipalités. Elle constate avec inquiétude une diminution de la présence de l'État. Selon elle, les décisions sont de plus en plus prises par des gens qui n'habitent pas la région et n'en comprennent pas la réalité.
« S'il y a de moins en moins de fonctionnaires qui habitent ici, le niveau de conseil est de moins en moins bon, parce qu'il y a de moins en moins de gens qui connaissent la réalité de notre territoire. »
Le contraste est frappant, alors que la région fournit une immense partie de l'hydroélectricité, du bois et des minéraux critiques du Québec, la mairesse estime que la région n'en reçoit pas sa juste part.
« C'est chez nous qu'on produit une grande partie de l'hydroélectricité, est-ce qu'on en tire un juste profit? Même chose au niveau des mines. C'est nous qui vivons avec les désagréments [...] la pollution que ça engendre. [...] Moi, j'estime qu'on n'a pas notre juste part puis que c'est pas reconnu. »
À l'approche des élections d'automne, Nichèle Compartino ne cherche pas à se plaindre, mais à forcer une réflexion stratégique auprès des partis politiques.
« L'objectif stratégique, je ne vous cache rien, c'est qu'on s'en va vers une élection à l'automne [...] Mon objectif, c'est que les partis qui préparent leur prochaine campagne prennent acte de nos préoccupations à la Baie-James pour qu'ils enclenchent une réflexion sur leur vision par rapport au développement nordique. »
Écoutez Nichèle Compartino dénoncer l'inaction du gouvernement du Québec, dans l'entrevue ci-dessus.