L'autorité des marchés publics recommande au conseil municipal de la Ville de Chibougamau de revoir ses mécanismes de prévention des conflits d'intérêts. Il s'agit de la conclusion d'un document de 7 pages résumant la décision de l'AMP, indiquant que la municipalité n'a pas effectué les vérifications nécessaires avant d'accorder un contrat.
Au printemps 2025, la Ville de Chibougamau devait vider la boue de la station d'épuration des eaux usées, une manoeuvre qui devait normalement coûter entre 3 et 5 millions de dollars. Afin d'éviter de payer cette somme, la ville a tenté de trouver une autre solution, consistant à utiliser des enzymes, afin de décharger la station d'épuration. Pour ce faire, la firme-conseil de la municipalité en environnement, Argus, a suggéré à la ville trois entreprises qui pourraient l'aider à rédiger un appel d'offres public.
L'une de ces trois options était Gilles Gadoury, un ingénieur qui opère une entreprise individuelle. Celui-ci collabore donc avec la Ville de Chibougamau pour la rédaction de l'appel d'offres, qui est par la suite publié sur le système électronique d'appels d'offres du gouvernement du Québec. À la fin du processus, deux soumissions ont été reçues, mais une seule correspondait aux critères du projet, établis en collaboration avec M. Gadoury: RGL Envirotech Inc. Cependant, après avoir accordé le contrat à cette entreprise, l'administration municipale apprend que Gilles Gadoury est vice-président et actionnaire de l'entreprise RGL Environnement.
« Il n'y a pas de mauvaise foi, on a manqué de rigueur sur ce conflit d'intérêt »
Nichèle Compartino affirme qu'il s'agit d'une erreur de la part de l'équipe municipale. C'est aussi ce qu'a conclut l'Autorité des marchés publics, qui indique que « la Ville n'a pas traité les soumissionnaires sur un pied d'égalité ». Selon l'AMP, « la Ville aurait dû invoquer la clause de réserve prévue à ses documents d’appel d’offres pour mettre fin au processus en cours, réviser sa demande de soumissions publique et solliciter à nouveau le marché afin d’assurer une véritable mise en concurrence. » L'organisme public poursuit en affirmant que « la Ville n’a pas mis en œuvre les mécanismes de prévention de conflits d’intérêts prévus à son propre règlement sur la gestion contractuelle. »
« Cette décision nous sert un beau rappel de rester vigileant par rapport à l'application de nos politiques. »
La municipalité dit prendre acte de la décision de l'AMP et assure collaborer avec celle-ci.